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Ce que j’ai appris grâce à la gestion du dispositif FNE Formation et à la formation en classe virtuelle

Cette année les mois de Mai et Juin ont été très actifs en ce qui concerne la collaboration avec des organismes de formation. Nous avons mobilisé chez Sigfox 20 K€ du fond FNE formation pour former 43 personnes sur 7 actions différentes de formation (FNE formation est un dispositif d’Etat pour accompagner les entreprises en chômage partiel).

Pour moi, en tant que responsable formation et développement des compétences, c’était une période très intense et riche d’enseignements concernant la maturité et la qualité de la formation en classe virtuelle proposée par des organismes de formation.

Le contexte était assez particulier étant donné la fenêtre très courte et la contrainte de réaliser les formations en classe virtuelle avec l’accompagnement d’un formateur.

Je partage ici mon retour d’expérience sur ces projets de formation et sur les enseignements tirés.

Les points faibles :

1/ Les organismes de formation ont adopté des outils mais n’ont pas adapté la stratégie, l’ingénierie de formation et la pédagogie à la formation en ligne.

Les organismes de formation avec lesquels nous avons réalisé les projets de formation ont utilisé des outils différents : Zoom, Teams, Go To Training,…. En général, tout s’est bien passé techniquement car pratique et facile pour la connexion. 

En revanche, la durée, le rythme des formations ainsi que l’équilibre entre la théorie / la pratique sont les points les plus faibles relevés par les participants. Le rôle du formateur doit passer de celui d’ « expert » (celui qui expose le contenu et répond aux questions) à celui d’ « animateur » pour accompagner les échanges entre les participants et poser un cadre rassurant. Ecouter plus de 10 min un formateur sans intervenir devient encore plus difficile et frustrant en visioconférence. L’interaction entre les participants et le formateur deviennent encore plus essentiels. La gestion de temps et de l’agenda sont primordiales.

Pour l’avenir, je veillerai que dans une classe virtuelle le formateur :

  • limite le temps de parole à 10 min, et gère bien son agenda
  • utilise le chat, les questions, le travail en groupe, les sondages pour mobiliser l’énergie des participants et les sortir d’état passif
  • adapte le contenu et l’ingénierie pédagogique à la formation à distance.

2/ Les formateurs n’ont pas eu une formation et un coaching spécifiques pour animer la classe virtuelle.

Les formateurs se sentent désemparés pour gérer à la fois la technologie, l’humain et le contenu pendant une classe virtuelle. Ils ont besoin d’aide, quelqu’un qui est en backstage pour leur renvoyer le miroir sur la réaction et le niveau d’énergie du groupe. Un coaching sur la motivation et une formation en neurosciences appliqués à la pédagogie et la formation en ligne me semblent nécessaires pour les formateurs en classe virtuelle.

3/ Les salariés et les formateurs ont encore des réticences concernant la formation en ligne et la classe virtuelle.

Afin de mettre les participants à l’aise dans une classe virtuelle, les formateurs doivent se sentir à l’aise et surmonter des résistances par rapport au digital. Le manque d’enthousiasme par rapport à ce format se transmet sur les apprenants : pour convaincre les autres, il faut être convaincu ! La prochaine fois il va falloir bien vérifier à quel point le formateur choisi adhère émotionnellement à cette modalité pédagogique.

Les points positifs :

1/ Le dispositif FNE formation nous a permis d’adresser une partie du plan formation de cette année sans dépenser le budget propre d’entreprise.

La crise Covid et le contexte instable n’ont pas aidé pour débloquer des budgets formation.  Même avec une fenêtre d’intervention courte, le dispositif FNE Formation a été précieux pour former des salariés à moindre coût pour l’entreprise.

2/ Les salariés ont été motivés, ils ont joué le jeu et accepté de se former en digital avec la classe virtuelle.

On le sait, les salariés préfèrent se former en présentiel.  Vu la situation spécifique, les managers et salariés ont quand même joué le jeu pour s’organiser, s’engager et suivre la formation de la maison ou de l’entreprise parfois avec un rythme soutenu et la pression de finir des sessions à temps.

3/ Nous avons fait un pas vers la formation à distance, et même si cela n’a pas été toujours parfaitement efficace, la barrière est tombée vers le digital et nous avons appris quelques leçons. 

Il nous reste de capitaliser sur des connaissances acquises avec notre plateforme en ligne et de les mettre en pratique !

Pour conclure, vu les délais courts et les contraintes du dispositif, nous avons saisi l’opportunité et le bilan global est positif. Il nous a permis de monter en compétences les 43 personnes sur des sujets importants et actuels pour l’entreprise ainsi que de passer le cap d’apprentissage en classe virtuelle en tant qu’organisation. Pour l’avenir nous serons plus préparés et exigeants avec les organismes de formation afin d’adapter le projet à la situation spécifique pour mieux valoriser ce format de la formation en ligne.

Ivana

Ivana

Après différentes expériences dans l'enseignement en musique, la recherche scientifique en pédagogie, le conseil en formation, la conception et le développement des projets de formation en ligne (digital learning), je travaille aujourd'hui sur l'apprentissage et le développement professionnel des talents (Learning & Development). Formablog est un outil d'apprentissage ainsi qu'un moyen de partager et échanger mes expériences avec les autres. Je suis une serbe devenue aussi française, qui travaille et lit beaucoup en anglais. Ce blog est une mélange de tout ça :-)

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